Le canton, à l’époque des Claudine à l’école, c’était un petit monde provincial grivois, malin, féroce et printanier. On y trouvait le maire, les institutrices, le ministre frétillant, les élèves dégourdies, les démélés passionels et les fêtes locales aux airs d’acordéon et de scandale communal. Avec Claudine, on avait du panache, du futé et de la gaudriole… De quoi nous émoustiller la moustache….
2008 : Le canton maintenant, c’est sauvage urbain.
Mais du balai la Claudine, du balai ! Les conseillers généraux ont pris la place ! Dans le Val de Marne nouveau cru, la mièvrerie charmante a fait son temps. Plus question de finasser, de se pomader le museau et de tenir les portes avec un sourire courtois : Entre les UMP et les Communistes élus, c’est OK Corral. Les uns promettent, les autres dénoncent. Les Communistes tapent du poing sur la table, les UMP torgnolent bon enfant. A gauche, on fait le dos rond, à droite on réclame des résultats et du concret. Ca proteste, ça tempête, ça riposte, ça se bat à volée verte pour faire voter des projets. Oui, Claudine est out désormais, aujourd’hui ça swingue au Conseil Général…
Mais comment ça marche au juste ?
Très simple.
Depuis la décentralisation des années 80 (Mars 82, pour vous donner des dates), le Conseil Général s’est retrouvé au centre du Pow-Woh départemental. Nouvelles compétences, nouvelles missions, nouveaux moyens budgétaires. Au menu :
- l’aménagement de l’espace et des équipements : c’est-à-dire la gestion des transports collectifs et scolaires, de la voirie départementale (environs 9 milliards d’euros), des ports maritimes de commerce et de pêche, ainsi qu’une collaboration intercommunale.
- les actions sociales : environs 13 milliards d’euros. Aide à l’enfance et aux familles (sous forme d’allocations ciblées), aides aux personnes handicapées (aides à l’hébergement, formations professionnelles…), aide médicale, aide à l’insertion etc.
- Les actions éducatives et culturelles : l’enseignement bien sûr en dépend directement qu’il s’agisse des questions d’investissements dans les lycées, de construction de collèges, du financement de fonctionnement de tous ces établissements scolaires et de leur équipements pédagogiques. On trouve également les bibliothèques, les centres d’archives, les monuments et sites, musées, festivals ou parcours touristiques…
- Les actions économiques : aides directes en faveur du commerce et de l’industrie sous forme de subventions de projets, de primes, de prêts et d’avances ou encore de prises de participation ou d’offres d’études et de conseils.
Le Conseil Général est donc au centre de la gestion urbaine locale. Il appuie, oriente, complète les actions des maires.
Il agit au nom de l’Etat tout en bénéficiant d’une marge de manoeuvre large qui lui permet de s’adapter aux problématiques ciblées du lieu de vie. Le CG, c’est un vaste organe de synthèse et de gestion, qui n’a de cesse de mesurer et de stimuler l’activité, de relever ce qui s’effondre et de promouvoir le cadre de vie.
Les élections du CG : un mode d’emploi limpide.
Le mandat du conseiller général est fixé à 6 ans, avec un renouvellement par moitié tous les trois ans.
Le juge administratif va veiller au découpage cantonal qui va constituer le cadre électoral, puis suivra :
- un scrutin uninominal à deux tours. Autrement dit, l’élection d’un candidat et non d’une liste. Le candidat peut remporter d’emblée le 1er tour s’il obtient la majorité des suffrages exprimés et au moins 1/4 des électeurs inscrits. En cas inverse un 2ème tour est prévu : auquel concourent tous ceux qui ont eu plus de 10% des voix des inscrits. La majorité obtenue déterminera alors le nom du vainqueur.
Et ce sera parti pour un mandat sur les chapeaux de roue !


Publié par neroukhmanoff